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sont abandonnées presque en entier à des faiseurs anonymes dont le savoir et le talent sont plus que suspects. Pour que de tels livres pussent inspirer de la confiance, il faudrait que chaque article portât l’indication précise des sources où il a été puisé ; autrement il suffit qu’un seul soit mauvais pour qu’on soit en droit de se méfier de tous.

Ces réflexions nous sont suggérées par le Dictionnaire géographique universel rédigé par une société de géographes, publié chez Kilian et Piquet, en dix volumes doubles ; il contient d’excellens articles et d’autres qui sont mauvais ; à quel signe le lecteur peu instruit distinguera-t-il les uns des autres ? Sans être meilleur peut-être, le Dictionnaire classique et universel de géographie moderne de M. Hyacinthe Langlois, dont une nouvelle édition est annoncée, offre du moins, dans un cadre beaucoup plus restreint (cinq volumes grand in-8°.),une sorte de garantie de ses articles, puisque tous contiennent l’indication des sources où ils ont été puisés. A ces deux dictionnaires nous ajouterons, pour l’étranger, le Nuovo dizionario geografîco universale, publié à Venise par une société de gens de lettres, et qui doit avoir dix-neuf volumes, dont onze ont été déjà livrés au public.

Les encyclopédies sont de véritables dictionnaires, soit qu’elles procèdent par traités spéciaux, soit qu’elles adoptent la marche alphabétique en confondant toutes les matières. Parmi les premiers se place la célèbre Encyclopédie méthodique commencée par Panckoucke, il y a quarante ans, et qui a été récemment terminée. Ce grand travail a subi le sort de toutes les entreprises de ce genre ; si l’on en excepte le dernier volume de géographie physique par MM. Desmarest, Bory Saint-Vincent, Huot, etc., tout le reste a vieilli et est aujourd’hui bien arriéré.

Les encyclopédies de la seconde espèce se sont prodigieusement multipliées depuis quelque temps, et nous ne pouvons citer que les plus répandues, telles que, parmi nous, l’Encyclopédie pittoresque à deux sous, à laquelle appartient le premier rang, l’Encyclopédie des gens du monde, le Dictionnaire de la conversation et de la lecture, l’Encyclopédie des connaissances utiles, etc ; en Angleterre, British Cyclopedia, Penny Cyclopedia, Cabinet Cyclopedia du docteur Lardner, l’Edinhurgh cabinet library, etc. Tous ces ouvrages, où la géographie occupe une place distinguée, présentent en général le même mélange de bon et de mauvais que nous avons signalé en parlant des dictionnaires.

Les recueils généraux de voyages sont un des moyens les plus efficaces de propager le goût des lectures géographiques, et l’on se rappelle les services qu’ont rendus celui publié par l’abbé Prévost et l’abrégé qu’en donna La Harpe. Parmi ceux de notre époque, il en est un hors de ligne, commencé par M. Walckenaer, sous le titre de Nouvelle histoire des Voyages,