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l’hommage prochain d’une carte géographique du pays faite à son premier voyage, et qu’il s’occupait de corriger avec l’aide du docteur don Bartoloméo Muñoz. Depuis, il a complètement oublié ce premier voyage fait en 1818, et il croit aujourd’hui que lorsqu’il s’embarqua pour Buenos-Ayres, en 1826, cette ville était, de toutes les cités importantes de l’Amérique du sud, la seule qu’il ne connût point encore. Le 1er juin 1830, le même voyageur écrivait de Rio-Janeiro qu’il venait de visiter le royaume d’Angola et les pays inconnus qui sont au-delà, jusque chez les Miluas et chez le souverain Muéné-Haï. Ce voyageur était M. Douville.

Arrivé à Paris, M. Douville adressa à la Société, le 15 juillet 1831, un aperçu de son itinéraire dans le centre de l’Afrique. Le 23 novembre suivant, il lut, en séance solennelle, une esquisse des peuples nègres au sud de l’équateur, et fut alors compris dans l’élection générale des membres de la commission centrale.

A cette époque, il fit un voyage à Londres, présenta à la Société géographique anglaise une notice analogue à celles qui avaient été si bien accueillies à Paris, et, sur la proposition de M. John Barrow, il fut proclamé, séance tenante, membre honoraire de cette société, qui souscrivit en même temps, pour deux cents exemplaires, à la relation qu’il se proposait de publier,

La Société de Paris alla plus loin encore : au mois de mars suivant, elle donna à M. Douville une place dans son bureau, et lui décerna sa médaille annuelle. L’authenticité du voyage au Congo paraissait en effet d’autant moins douteuse, que l’auteur montrait en masse tout ce qu’il rapportait de cartes, de dessins, de journaux, et annonçait l’intention de livrer au consciencieux Brué tous les élémens nécessaires pour la construction de la carte dont il n’avait fait qu’ébaucher de grossiers croquis, et de soumettre également à la révision de M. Eyriès la relation manuscrite de son voyage. Nous-même nous avions fait un inventaire rapide de tous ses papiers, et nous l’avions publié dans le cahier du 15 février 1832 de la Revue des Deux Mondes.

Cependant des doutes percèrent bientôt, non sur la réalité d’un voyage dont tous les matériaux avaient passé sous nos yeux, mais sur la valeur intrinsèque de ceux-ci ; et quand la relation du voyageur eut paru, ces doutes grandirent tout à coup, à l’inspection d’une table de positions géonomiques insérée au troisième volume avec des annotations inapplicables à plusieurs des observations indiquées. De là des questions et des réponses, des objections et des répliques qui aggravèrent singulièrement l’opinion défavorable que s’étaient graduellement formée les géographes positifs, de la capacité du voyageur pour la détermination des positions