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Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/363

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




30 avril 1834.


Le drame politique de la révolution de juillet approche du dénouement. Encore quelques actes sanglans comme ceux qui viennent de se jouer, et la France saura à quoi s’en tenir sur les intentions de ce ministère. La convention avait assis son pouvoir sur la terreur qu’elle inspirait ; le directoire, le consulat, l’empire, avaient fondé le leur sur les victoires, sur la prépondérance que ces gouvernemens donnaient à la France en Europe ; la restauration avait rallié à elle les idées religieuses et les intérêts des grands propriétaires : la terreur cessa et tourna contre ceux qui cherchaient à la répandre ; puis un beau jour le pays se réveilla de ses rêves de gloire et redemanda la liberté qu’on lui avait dérobée pendant son sommeil ; plus tard il vit que la religion dont on lui parlait sans cesse n’était qu’une affaire et une intrigue ; et pour la troisième fois, le lion secouant sa crinière, laissa tomber à terre ceux qui avaient essayé de l’engourdir et de le museler. Le gouvernement de la peur sera-t-il plus heureux que tous les gouvernemens réduits en poussière au moment où ils se croyaient arrivés à l’accomplissement de leurs desseins ? Nous savons que ce gouvernement est terriblement avisé, ainsi que le disait M. Royer-Collard ; ceux qui le composent se vantent d’être plus habiles que les ministres de la restauration, et rient beaucoup des gens qui les supposent