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Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/319

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MORALE DE BENTHAM.

quelques propositions contenues dans le compendium de philosophie morale d’Oxford ; et je laisse à penser s’il est moins vif contre le péripatéticien anglais que contre Socrate et Platon. Cette réfutation est pleine de mouvement et d’une exagération injuste, qui produit des effets assez comiques.

Tout plaisir est, primâ facie, un bien et doit être recherché ; de même toute peine est un mal et doit être évitée. Tout acte qui procure du plaisir sans aucun résultat pénible, est un bénéfice net pour le Iwnheur ; tout acte dont les résultats de peine sont moindres que ses résultats de plaisir, est bon jusqu’à concurrence de l’excédant en faveur du bonheur. Chacun est non seulement le meilleur, mais encore le seul juge compétent de ce qui lui est peine ou plaisir. Bentham reproduit un catalogue des plaisirs et des peines qu’il avait déjà tracé dans le cinquième chapitre de l’Introduction aux principes de la morale et de la législation.

Plaisirs et peines des sens, comprenant ceux du goût, de l’odorat, du toucher, de l’ouïe, de la vue, ceux provenant de l’organisation sexuelle, de l’état de santé ; ou de maladie, les plaisirs de la nouveauté et les peines de l’ennui ;

2° Les plaisirs de la richesse, plaisirs soit d’acquisition, soit de possession, dont les peines correspondantes constituent des peines de privation et se réfèrent à une autre classe ;

3° Les plaisirs de la capacité et les peines de l’incapacité ;

4° Les plaisirs de l’amitié[1] et les peines de l’inimitié ;

5° Les plaisirs qui naissent d’une bonne réputation, et les peines résultant d’une mauvaise renommée ;

6° Les plaisirs que procure l’exercice du pouvoir ;

7° Les plaisirs de la piété, ou les plaisirs religieux, avec leurs peines correspondantes ; plaisirs provenant de la conviction où nous sommes de posséder la faveur de la Divinité ; peines résultant de la crainte où nous sommes de la réprobation ;

8° Les plaisirs et les peines de la sympathie ou de la bienveillance ;

9° Ceux de la malveillance ;

  1. Le plaisir de l’amour est un plaisir mixte, composé des plaisirs de l’amitié, auxquels sont ajoutés ceux des sens.