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Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/102

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saire de leur nouveau pacte de liberté avec les trophées de la victoire qu’ils devaient à leur vieille fédération. Ils les traînèrent donc avec de grands cris sur l’esplanade que le voyageur laisse à sa gauche en entrant dans la ville ; mais aux premiers coups une coulevrine et une bombarde éclatèrent, et cinq ou six des jeunes gens qui servaient ces deux pièces furent tués ou blessés.




IX.

Fribourg.




Nous ne nous arrêtâmes à Morat que deux heures : ce temps suffisait de reste pour visiter ce que la ville offre de curieux. Vers les trois heures de l’après-midi nous remontâmes dans notre petite calèche, et nous nous mîmes en route pour Fribourg. Au bout d’une demi-heure de marche en pays plat, nous arrivâmes au pied d’une colline que notre cocher nous invita à monter à pied, sous prétexte de nous faire admirer le point de vue, mais de fait, je crois, par déférence pour son cheval. Je me laissais ordinairement prendre à ces supercheries, sans paraître le moins du monde les deviner, car n’eussent été mes compagnons de voyage, j’aurais fait toute la route à pied. Cette fois au moins l’invitation du guide n’était point dénuée de motifs plausibles. La vue qui embrasse tout le champ de bataille, la ville, les deux lacs de Morat et de Neuchatel, est magnifique : c’est à l’endroit même où nous étions que le duc de Bourgogne avait fait bâtir ses logis. Une demi-heure de marche nous conduisit ensuite à la crête de la montagne, et à peine l’eûmes-nous dépassée, que sur le versant opposé à celui que nous venions de gravir, je reconnus l’endroit où avait fait sa halte pieuse toute l’armée