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Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/730

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.


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14 décembre 1833.

Il n’est pas de comédie de Marivaux où les amans se brouillent et se raccommodent plus souvent que ne le font depuis quelque temps M. Humann et M. Soult, Dans cette quinzaine, ils se sont dix fois éloignés et rapprochés l’un de l’autre, et quand le Journal de Paris annonçait de la meilleure foi du monde que jamais l’union n’avait été plus touchante dans le conseil, la discorde y éclatait de nouveau. L’affaire des crédits de la guerre est toujours le grand motif de contestation entre le président du conseil et le ministre des finances. M. Humann craint la chambre, il ne se sent pas de force à braver sa censure, et surtout il ne veut pas risquer sa position par complaisance pour le vieux maréchal. Enfin, pour obtenir quelques jours de tranquillité dans le conseil, il a été décidé que les choses resteraient comme elles sont, que le ministère n’adopterait ni le système de crédit de M. Humann, ni le mode de voies et moyens du maréchal Soult, et qu’on porterait ce grand procès à juger à la chambre. Ainsi la chambre n’aura pas devant elle un ministère compacte et homogène, mais des ministres qui lui apporteront des idées isolées et viendront même se combattre entre eux à la tribune. On conviendra que de toutes les absurdités politiques que nous avons vues depuis trois ans, celle-ci n’est pas la moins forte et la moins pitoyable.

C’est cependant ce misérable faisceau de ministres, si distendu, si fa-