Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/719

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


des forteresses belges, il ne vit dans le discours de la couronne qu’une assurance vague, et qui laisse le champ ouvert à d’orageuses discussions. « Déjà, dit-il, elles ont commencé avec aigreur dans les journaux belges et dans les deux chambres du parlement anglais, où les réponses des ministres ont été peu satisfaisantes, et où, respirant toujours la vieille haine des Chatam et des Burke, le généralissime a déclaré qu’à l’exclusion de la France les quatre grandes puissances décideraient seules sur les places à démolir et les places à conserver. Ainsi, nous sommes encore sous le poids de la défaite ! Ainsi, la France de 1831 est traitée comme la France de 1815 ! Ainsi le canon de Paris n’a pas fait taire le canon de Waterloo ! »

Lamarque se demanda ensuite quelles places fortes seraient démolies, et il fut amené à cette conclusion que ce seraient les nôtres. « D’accord sans doute avec les pinces qu’elles nous imposaient, les puissances coalisées, continua-t-il, voulurent se réserver les moyens de rentrer en France sans trouver des obstacles. La formidable ligne qu’avait élevée le génie de Vauban fut donc tronquée sur trois points principaux : Landau ouvrit aux Autrichiens et aux Bavarois l’Alsace et les défilés des Vosges ; Sarrelouis livra la Lorraine aux Prussiens, qui, passant entre Metz et Sarreguemines, arrivent à Nancy sans rencontrer un mur qui les arrête ; mais la plus dangereuse de ces trouées, parce qu’elle mène directement sur Paris, est celle qu’a faite l’abandon aux Pays-Bas de Philippeville et de Marienbourg. Pénétrant entre Rocroi et Avesnes, l’ennemi marche sur Vervins, sur Laon, tourne Soissons, et fait dépendre d’une seule bataille le sort de notre capitale. Eh bien ! ce sera Philippeville bâtie par Vauban, ce sera Marienbourg et quelques bicoques qu’on offrira de détruire : on les détruira, et la trouée n’en existera pas moins ; mieux vaudrait les laisser debout, car nous les reprendrons un jour, et elles nous épargneront les millions que coûterait une nouvelle place. »

« Enfin il termina en ces termes :

« Ils doivent périr les Français du Nord ! et comment pourront-ils résister, lorsqu’oubliant le grand nom de Sobieski, l’ingrate Autriche désarme leurs guerriers ; lorsque notre ministère