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A Jeanne d’Arc succéda Thalaba, poème arabe, qui renferme des choses étranges, mais où l’on trouve un sentiment héroïque mieux développé et plus de naturel que dans Jeanne d’Arc. L’introduction est datée de Cintra, octobre 1800. Il regarde le rhythme irrégulier dont il s’est servi dans cet ouvrage, et dans plusieurs autres, comme une sorte d’arabesque, servant de cadre à une peinture orientale. « Je défie le lecteur le plus maladroit, » dit-il avec naïveté, « d’en détruire l’harmonie. » Il a raison : c’est de la musique toute faite.

How beautiful is night !
A dewy freshness fills the silent air :
No mist obscures, nor cloud, nor speck, nor stain,
Breaks the serene of heaven :
In full orbed glory, yonder moon divine
Rolls through the dark blue depths ;
Beneath her steady ray
The desert circle spreads,
Like the round ocean girdled with the sky.
How beautiful is night !

« Qu’elle est belle, la nuit ! qu’elle est belle ! La fraîcheur de la rosée remplit l’air silencieux ; pas un brouillard, pas un nuage, pas une tache ne corrompt la sérénité du ciel. A travers l’espace azuré, la lune porte son globe majestueux ; et, bien au loin, éclairé par ses paisibles rayons, le cercle désert et vide se déroule, pareil à l’océan, dont les cieux forment la ceinture… Ah ! comme la nuit est belle ! »

Le poème retrace le sort du courageux Thalaba, qui, par ses vertus, son amour, sa force d’ame, parvient à triompher de tous ses ennemis. C’est une histoire intéressante, car de tous nos poètes, Southey est celui qui a le plus de pathétique simple.

Madoc partit en 1803. Ce poème est fondé sur une tradition obscure qui rapporte qu’au XIIe siècle un prince de Galles conduisit une bande d’aventuriers à la recherche d’une terre féconde, et s’établit en Amérique. « On a prouvé d’une manière irrécusable, dit le poète, qu’il arriva