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Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/25

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le trésor de l’Italie aura été pillé, et que la coupe des Gaules aura été bue jusqu’à la lie.

CHŒUR DE FÉES

« Sans tromperie, c’est un étrange voyage. L’herbe se dessèche sous le souffle des chevaux ; on entend des chants magiques dans leurs crinières. Si nous pouvions mourir, nous aurions peur. Depuis mille ans nous tremblotons sous les mottes de terre des montagnes de Scythie. Nos joues s’y sont ridées en réchauffant nos mains de notre haleine. Chaque jour nous avons trouvé au bois une feuille de chêne pleine de rosée pour nous nourir. Et pourtant nous avons plus vécu que des dieux engraissés du sang des bœufs et des chevaux. Mais aujourd’hui, beaux cavaliers, votre colère nous fait pâmer. Partout où vous vous arrêterez, de grace laissez en chaque endroit quelques vieux murs debout, de quoi nous abriter sous le seuil d’une porte, à chacune, un pan de lin pour la vêtir, à chacune, un brin de bois sec pour faire bouillir sa chaudière. »

UN ENFANT D ATTILA

Mon père, pourquoi nos chevaux ne peuvent-ils s’arrêter ? pourquoi notre ombre est-elle couleur de sang ? Là haut, voyez-vous un vieillard dans une niche de pierre ? sa tête se penche sur la fenêtre, il chante pendant que nous passons, ses mains tiennent un livre sur lequel ses yeux sont baissés. Père, c’est sans doute un savant homme ; il sait peut-être où nous allons.

ATTILA à l’ermite

Compagnon dans ta niche, nos chevaux suent le sang et ne peuvent s’arrêter ; sais-tu où ce chemin mène ? Nous paissions nos troupeaux dans les montagnes de Scythie. Si tu peux me dire pourquoi le vent nous a chassés, pourquoi l’ombre est sanglante, pourquoi les chevaux bondissent, je te donnerai une coupe d’or pleine du lait de ma cavale.

L’ERMITE

Archers et cavaliers, vous arrivez bien tard. Fier je suis venu à votre rencontre. Je vous ai attendus ici en feuilletant mon livre ; les vautours sont passés, les corbeaux après eux ; les loups sont arrivés cette nuit à ma porte, et je leur ai montré la route. Il n’y a que vous qui soyez restés si tard à la porte de vos huttes.