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Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/125

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MÉTELLA.

§ Ier.

Le comte de Buondelmonte, revenant d’un voyage de quelques journées aux environs de Florence, fut versé par la maladresse de son postillon, et tomba, sans se faire aucun mal, dans un fossé de plusieurs pieds de profondeur. La chaise de poste fut brisée, et le comte allait être forcé de gagner à pied le plus prochain relais, lorsqu’une calèche de voyage, qui avait changé de chevaux peu après lui à la poste précédente, vint à passer. Les postillons des deux voitures entamèrent un dialogue d’exclamations qui aurait pu durer long-temps encore sans remédier à rien, si le voyageur de la calèche, ayant jeté un regard sur le comte, n’eût proposé le dénouement naturel à ces sortes d’aventures : il pria poliment Buondelmonte de monter dans sa voiture et de continuer avec lui son voyage. Le comte accepta sans répugnance, car les manières distinguées du voyageur rendaient au moins tolérable la perspective de passer plusieurs heures en tête-à-tête avec un inconnu.

Le voyageur se nommait Olivier ; il était Génevois, fils unique,