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Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/112

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.


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30 septembre 1833.


Le petit congrès de Munchen-Graetz est toujours l’objet de toutes les conversations et de toutes les conjectures. Les politiques, après avoir épuisé toutes les suppositions, créé le protectorat de l’empereur d’Autriche en Italie, donné la Turquie à l’empereur Nicolas, et mis en mouvement toutes les armées du Nord et du Midi contre la France, se sont arrêtés à cette nouvelles qu’ils répandaient avec assurance. Les souverains alliés, ayant reconnu qu’une ligue morale ne suffisait pas pour étouffer la révolution en France, et que, tout en l’isolant du reste des peuples, elle parvenait encore à se faire jour parmi eux par ses doctrines, auraient arrêté entre eux de détruire sa prospérité matérielle par une coalition des intérêts positifs contre ceux de cette redoutable nation. Chacun des souverains s’occuperait donc, à son retour dans ses États, de concourir, pour sa part, à la formation d’un blocus continental contre la France, exécuté au moyen des lignes de douanes de chaque pays. Les prohibitions les plus sévères et les plus absolues seraient appliquées aux produits de l’industrie française et s’étendraient aux produits anglais, si l’Angleterre persistait dans son alliance avec la France. On espérait surtout détacher par ce moyen l’Angleterre de la France, et même renverser le ministère Grey, en chargeant quelques journaux anglais de l’opposition tory de faire compren-