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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 8.djvu/669

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sa réponse ni le saluer, et sortit par la porte qui donnait du côté de ses tentes.

De Gyac le suivit.

— Monseigneur, lui dit-il après avoir fait quelques pas, j’ai encore un autre message.

— Porte-le au diable, s’il ressemble au premier, dit le duc ; quant à moi, j’en ai assez d’un pour un jour.

— Monseigneur, continua de Gyac sur le même ton, c’est une lettre de monseigneur le Dauphin : il vous demande une entrevue.

— Ah ! voilà qui raccommode tout, dit le duc en se retournant vivement ; et où est cette lettre ?

— La voilà, monseigneur. — Le duc la lui arracha des mains, et la lut avidement.

— Qu’on lève les tentes et qu’on renverse les enceintes, dit le duc aux serviteurs et aux pages, et que ce soir il ne reste pas trace de cette entrevue maudite !

— Et vous, messieurs, continua-t-il en s’adressant aux seigneurs, que ces paroles avaient fait sortir de leurs pavillons, à cheval, l’épée au vent, et guerre d’extermination, guerre à mort à tous ces loups affamés qui nous arrivent d’outre-mer, et à ce fils d’assassin qu’ils appellent leur roi [1]!

  1. Le père de Henri V était monté sur le trône d’Angleterre en faisant assassiner Richard.