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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 8.djvu/656

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CHRONIQUES DE FRANCE. [1]



VII.

Le Traité.




Par une belle matinée du commencement de mai de l’année suivante, une barque élégante, à la proue façonnée en col de cygne, à la poupe abritée d’une tente fleurdelisée, et surmontée d’un pavillon aux armes de France, à l’aide de dix rameurs et d’une petite voile, glissait comme un oiseau aquatique sur la surface de la rivière de l’Oise. Les rideaux de cette tente étaient ouverts au midi pour laisser arriver, jusqu’aux personnes qu’elle abritait de tous les autres côtés, le rayon matinal d’un jeune soleil de mai, et le premier souffle si embaumé de l’air tiède et vivace du printemps. Sous cette tente, deux femmes étaient assises ou plutôt couchées sur un riche tapis de velours bleu brodé d’or, s’adossant à des coussins de même étoffe, et derrière elles une troisième se tenait respectueusement debout.

Certes, il eût été difficile de trouver dans le reste du royaume trois femmes qui pussent disputer à celles-ci le prix de la beauté, dont il semblait qu’il eût plu au hasard de rassembler dans cet

  1. Voyez la livraison du 1er décembre.