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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 8.djvu/612

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.


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30 novembre 1832.


Le fait le plus sonore et le plus retentissant de la quinzaine est sans contredit ce qui s’est appelé l’attentat du 19 novembre.

C’est merveille en vérité que la détonation d’un petit pistolet de poche ait été si bruyamment prolongée, qu’elle couvre même encore aujourd’hui tout le bruit que fait l’artillerie de notre armée sous les murs d’Anvers.

Cela s’explique pourtant aisément, si l’on veut bien songer que le coup de pistolet dont s’agit a été tiré sur un pont, sur le pont Royal. Vous savez qu’il y a là de l’écho. Ce coup de pistolet ne pouvait donc manquer de résonner beaucoup et long-temps.

Quoi qu’il en soit, la chambre, sans s’intimider le moins du monde, s’est constituée d’abord, a délibéré et délibère encore courageusement sous le feu dudit pistolet de poche.

Quant à la doctrine, elle a montré dans le danger une rare présence d’esprit ; ramassant les balles, elle en a chargé ses canons et a tiré à mitraille sur le compte-rendu. Mais M. Dupin ne s’est pas laissé non plus étourdir, et tout en protestant, comme le ministère, contre l’attentat, il s’est fait nommer provisoirement président de la Chambre.

Ceci prouve bien que les avocats sont de meilleurs et de plus braves tacticiens qu’on ne le pensait. Que M. le maréchal Soult y prenne garde ! il ne serait pas impossible que son fauteuil fût mis incessamment en état de siège.

En attendant, au surplus, la guerre des portefeuilles à la tribune, et le commencement des hostilités en Belgique, nous avons eu, rue Richelieu, la grande bataille rangée du Roi s’amuse.