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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 8.djvu/611

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nouveau style politique avec les lambeaux de Machiavel et du Dante ? L’humanité n’est pas déshéritée de l’avenir ; le sol a tremblé, mais il ne s’ouvrira pas pour nous engloutir. Si Dieu est en colère, ce n’est pas contre nous : il ne flétrira jamais à son redoutable tribunal l’humaine liberté : il pourra l’éprouver, jamais la damner. Peuple de France, lève ta tête ; tu peux regarder en face les rois et les hommes ; tu peux avec confiance et simplicité prier l’arbitre souverain des peuples et des rois.

Adieu, vous que je ne nommerai pas ; avant de reprendre la secrète intimité de notre correspondance, je veux, puisque je me suis adressé publiquement à vous, vous rendre grâces publiquement de la douce et bonne influence que vous avez exercée sur moi. Vos lettres, vos conseils, la maturité de votre expérience et de votre savoir, m’ont souvent appuyé, ranimé, soutenu. Si je me décourage, vous me ravivez ; si parfois je me prends à désespérer, non du but final des choses, mais des solutions de circonstance, vous me consolez ; vous me calmez, si je m’emporte, et dans vos entretiens, je puise une force continue qui me restaure et me vivifie. Grâces vous soient rendues ! adieu, restez calme et fortuné dans votre solitude ; que le ciel vous laisse toujours heureux : à qui ne retirerait-il pas le bonheur, s’il dirigeait ses coups, à l’heure où vous en êtes de la vie, contre la plus généreuse et la plus sereine des intelligences ? Adieu.


LERMINIER.