Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 8.djvu/592

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



LETTRES PHILOSOPHIQUES


ADRESSEES


A UN BERLINOIS.




XIe ET DERNIÈRE [1]


DE NOS CONSTITUTIONS DEPUIS 1789. DES RAPPORTS DE LA

FRANCE AVEC L’ALLEMAGNE.





Paris, 27 novembre 1832.

La révolution française, monsieur, est si peu une émotion sans terme et sans cause, que dès l’origine elle a voulu se constituer. La situation était unique. Jamais législateur, même dans l’enfance du monde, n’eut un champ plus libre. Que ceux qui doutent encore de la durée progressive des sociétés modernes regardent un peuple ancien, chargé d’histoire et de souvenirs, se régénérer et devenir tellement nouveau, qu’il pourra, avec autant de facilité qu’une nation encore vierge des assauts du destin, chercher des formes qui l’expriment et le définissent : une constitution.

Vous en convenez avec moi, monsieur, la volonté humaine ne s’est jamais manifestée avec plus d’exaltation et d’autorité que

  1. Voyez les livraisons précédentes.