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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 8.djvu/496

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sent, devront à leur arrivée statuer sur le sort de l’oiseau captif, s’il ne s’est envolé déjà.

Qu’en adviendra-t-il alors ? On ne le laissera probablement pas croquer au chat. On lui donnera plutôt légalement la clef des champs, en lui recommandant bien de ne plus venir faire son nid dans le blé du treize mars, et manger le grain de la doctrine.

D’ailleurs, ce curieux procès demandera du temps, et pour amuser d’abord l’opposition, on ne pouvait choisir un meilleur joujou.

Quant à la guerre, autre hochet que l’on prépare aux chambres, la représentation prochaine paraît en être définitivement arrêtée. Ce sera un mimodrame à grand fracas et à grand spectacle, et qui doit éclipser même celui qui, sous le titre de la République et l’Empire, se joue maintenant avec un si beau succès au Cirque Olympique.

On se battra par terre et par mer, malgré vent et marée, malgré la Prusse et la tempête. L’Angleterre nous amène ses comparses, et se met avec nous de la partie.

Et puis le général Chassé, s’imaginait nous faire pièce, parce qu’il avait quarante mortiers dans sa citadelle. Nous en avons amené quatre-vingts dans la ville. Voilà un gouverneur bien attrapé. Quant aux maisons d’Anvers, ce sera tout profit pour elles. Deux cents pour cent, — cent vingt bombes à la fois ; deux tiers de plus qu’au dernier bombardement.

Les frères Franconi n’auront jamais promis tant de bruit ; mais il faut l’espérer, quoi qu’il arrive, tout se passera comme chez eux en fumée.

Nos théâtres de Paris ont aussi déployé durant cette quinzaine une bien louable activité.

Voyant que la foule ne venait point à ses exhibitions de crapauds et de reptiles, la Porte-Saint-Martin s’est rejetée de nouveau sur le drame épileptique, qui paraît décidément mieux convenir à ses habitués. En conséquence, MM. Anicet et Lockroy se sont chargés de gâter, pour la scène de ce théâtre, d’excellens morceaux historiques que M. Alexandre Dumas avait publiés dans notre Revue. Cependant, si leur Perrinet Leclerc a réussi, c’est peut-être grâce à ses décorations et à ses costumes ; ce n’est nullement au moins par le mérite de l’ouvrage, non plus que par le jeu majestueusement étourdissant et monotone de mademoiselle Georges.

En vérité, l’on ne saurait trop admirer l’inhumaine persévérance avec laquelle la direction de ce théâtre, sans pitié pour l’âge et les infirmités de cette reine douairière, magnifique jadis, mais dont le règne est depuis long-temps passé, s’obstine à nous la donner à toute pièce,