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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 8.djvu/469

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populations d’outre-Rhône, populations de leur langue, de leurs mœurs et de leur civilisation, horriblement foulées aux pieds par Monfort et les croisés.

Le jeune comte n’hésita pas à se mettre à la tête de ce mouvement, et pour déclaration de guerre à Simon, il mit le siège devant Beaucaire, la première place du comté de Toulouse, sur la rive droite du Rhône, alors occupée par une garnison du comte de Montfort. Celui-ci accourut avec toutes ses forces au secours de la forteresse dès qu’il la sut investie, et assiégea dans Beaucaire même les Provençaux qui assiégeaient le château de la ville ; château très-fort, situé sur un roc escarpé, inaccessible de plusieurs côtés. L’armée du jeune comte eut alors une double tâche ; elle eut à défendre ses retranchemens contre Montfort, qui les attaquait à chaque instant avec la vigueur qu’il mettait à toutes ses entreprises, et à presser la reddition du château, dont l’intrépide garnison se défendait avec un courage exalté par la vue des efforts que Simon faisait pour la délivrer. Soutenu et encouragé par les renforts qui lui venaient de tous côtés par le Rhône, des villes de Provence, le jeune comte triompha de tous les obstacles et força Simon de Montfort à se retirer, après avoir capitulé pour sa forteresse.

Voilà le fond de l’événement longuement raconté par notre historien, trop longuement pour que je puisse traduire tout son récit. J’en choisirai seulement quelques-uns des passages les plus frappans et les plus caractéristiques, sauf à les lier où à les éclaircir au besoin par quelques observations.

Voici d’abord comment, après avoir raconté diverses particularités du siège de Beaucaire, déjà depuis plusieurs jours commencé par les Provençaux, notre historien décrit l’arrivée et les premiers actes de Simon de Montfort sous les murs de la ville.

<poem> Le comte de Montfort rassemble tous ses amis, Tous ceux à sa solde et à son loyer, de partout où ils sont, Et s’en vient avec eux par chemins et par sentiers ; Ils chevauchent nuit et jour (par beau temps) et par orage. Jusqu’à ce qu’ils arrivent à Beaucaire et descendent sur le gravier (du Rhône.