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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 8.djvu/360

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Des acides, les uns la dissolvent sans l’altérer, quel que soit leur degré de concentration ; d’autres l’altèrent au contraire et avec des circonstances très-remarquables. Ainsi l’acide sulfurique étendu du quart ou de la moitié de son poids d’eau dissout à froid la méconine. La solution limpide et incolore étant exposée à une douce chaleur, on voit s’y former des stries verdâtres qui se multiplient à mesure que la concentration augmente, et enfin tout le liquide prend un beau vert foncé ; la méconine dans cet état est complètement décomposée et ne peut plus se reconstituer. Maintenant, si dans cette liqueur verte on verse de l’alcool, le mélange prend une couleur rose clair ; chasse-t-on l’alcool par la vapeur, le beau vert foncé reparaît de nouveau. Si, au lieu de l’alcool, c’est de l’eau qu’on verse dans le sulfate de méconine, il s’y produit un précipité brun floconneux qui ne se dissout pas dans la mélange porté jusqu’au point de l’ébullition. Lorsqu’en filtrant on a enlevé ces dépôts, la liqueur se montre d’un rose peu foncé, mais bien franc ; la concentration par une douce chaleur y fait paraître la couleur verte, et ce double changement se reproduit autant de fois que l’on veut, tant que la matière organique de la solution n’est pas épuisée.

Après avoir exposé les principales propriétés de la méconine, l’auteur fait connaître sa composition, qui, selon lui, est représentée par 9 atomes de carbone, 9 d’hydrogène et 4 d’oxigène.

Le mémoire est terminé par la description du procédé à l’aide duquel on obtient la méconine. Comme cette substance n’entre guère pour plus de un deux millièmes dans la composition de l’opium, on sent qu’il faut, lorsqu’on veut s’en procurer, agir sur de grandes quantités. Mais le procédé indiqué par M. Couerbe a cela d’avantageux, que se combinant très-bien avec les opérations à l’aide desquelles on se procure la morphine, on peut, quand on procède à celle fabrication, obtenir à très-peu de peine et de frais la méconine.

Séance du 27 août. — M. Quoy adresse l’ensemble des observations qu’il a faites sur les zoophytes pendant le voyage de l’Astrolabe. Ce travail est renvoyé à l’examen de MM. de Blainville et Duméril.

M. Thénard fait un rapport favorable sur le procédé proposé par M. Payen pour garantir de la rouille le fer et l’acier, et indique plusieurs applications qu’il serait bon de tenter. Ainsi, pour la conservation dos armes, on pourrait, après s’être servi d’un fusil, et sans le démonter, se contenter de passer sur le canon une éponge imbibée d’une dissolution alcaline. Si le fer n’était pas h l’abri de la pluie, on pourrait, après avoir applique la solution alcaline gommeuse, passer par-dessus, après dessication, une couche de vernis. Les fils de fer dont on se sert pour les ponts suspendus pourraient être préservés de