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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 8.djvu/357

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on rencontre des bancs de craie uniformes dans leur épaisseur et dans leur stratification alternative avec des couches de silex.

Ces couches de craie d’une épaisseur de 70 à 80 centimètres sont séparées par des lits de silex, dont les dimensions sont aussi très-constantes. Depuis un grand nombre d’années, les habitans du voisinage en extraient du salpêtre, soit en recueillant les efflorescences salines qui se forment sur leurs flancs escarpés, soit en enlevant avec de petites hachettes quelques millimètres d’épaisseur de la craie, et traitant ensuite ce qu’ils en ont ainsi enlevé d’après les procédés ordinaires.

Après un temps plus ou moins long, une nouvelle récolte peut être effectuée, et l’on en obtient au moins deux dans l’année.

Les efflorescences qui apparaissent à la surface des couches, sont de deux espèces aisées à distinguer, même au goût. Les unes, très-franchement salées, contiennent beaucoup de muriate de soude, les autres ont une saveur nitreuse bien prononcée et ne contiennent guère, en effet, que des nitrates.

Dans quelques points, on rencontre des couches de craie qui ne se nitrifient point : dans ces points, à la partie supérieure des couches, on voit toujours quelques traces du calcaire grossier. Au-delà de Tripleval, la craie s’enfonce sous le calcaire grossier, et la nitrification disparaît.

Lorsque l’on chauffe jusqu’au rouge les craies nitrifiables, il s’en dégage un peu d’ammoniaque, et c’est à la présence de cette substance qu’on a voulu attribuer la formation du nitre. Mais elle y est en trop faible proportion pour qu’on puisse admettre cette explication du phénomène. Qu’on songe, en effet, que des trois salpêtrières exploitées de la Roche-Guyon à Tripleval, on obtient par année 3,600 kilogrammes. Or, l’acide nitrique qui entre dans la composition de cette quantité de sel exigerait, pour la formation, plus de 1,900 kilogrammes d’une substance animale sèche, contenant vingt pour cent d’azote. L’auteur se croit autorisé à conclure d’expériences qu’il a publiées, il y a trois ans, que le carbonate de chaux pur humecté agit sur l’air de manière à produire de l’acide nitrique, et que c’est ce qui a lieu dans le cas dont nous parlons. Il pense aussi que l’influence du soleil dans cette opération est très-grande, et en effet, la nitrification n’a guère lieu que dans les couches qui sont exposées au midi ; elle est très-peu sensible dans celles, qui regardent le nord.

M. Breschet présente plusieurs mémoires d’anatomie comparée relatifs à l’audition chez les vertébrés et plus spécialement chez les poissons. Dans le premier, après avoir bien nettement établi la distinction entre le labyrinthe osseux et le labyrinthe membraneux, rappelé qu’outre la lymphe de cotugno, située en dehors des canaux membraneux et des