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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 8.djvu/344

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dans la même proportion chaque année. Les crimes de coups et blessures n’offrent pas moins de régularité dans leur distribution.


INFLUENCE DES SAISONS.


Année 1827 1828 1829 1830 Moyenne
Sur 100 attentats à la pudeur, il en a été commis successivement pendant le trimestre d’été. 36 36 35 38
Sur 100 crimes de coups et blessures, il en a été commis pendant la même saison 28 27 27 27 28


La plus grande différence n’a été que de deux centièmes au-dessus de la moyenne.

Si nous considérons maintenant le nombre infini de circonstances qui peuvent faire commettre un crime, et les influences extérieures ou purement personnelles qui en déterminent le caractère, nous ne saurons comment concevoir qu’en dernier résultat, leur concours amène des effets si constans, que les actes d’une volonté libre viennent ainsi se développer dans un ordre fixe, se resserrer dans des limites si étroites. Nous serons forcés de reconnaître que les faits de l’ordre moral sont soumis, comme ceux de l’ordre physique, à des lois invariables, et qu’à plusieurs égards, la statistique judiciaire présente une certitude presque complète.

Voici quelques-uns des résultats les plus singuliers auxquels M. Guerry a été conduit dans les recherches qui font l’objet de son mémoire.

Sur 100 crimes contre les personnes commis par des femmes, on compte six empoisonnemens ; il ne s’en trouve qu’un sur un pareil nombre d’attentats commis par des hommes.

Plus des trois cinquièmes des empoisonnemens entre époux sont commis par la femme seule ou aidée de complices.

Sur 100 attentats à la vie de l’un des époux par l’autre, on en compte environ 60 par le mari et 40 par la femme ; mais pour la femme les quatre cinquièmes de ces attentats sont prémédités, tandis qu’il n’y en a que les trois cinquièmes de prémédités par le mari.

Sur 100 crimes d’empoisonnement, de meurtre et d’assassinat, commis par suite d’adultère, on en compte 9G contre les époux outragés, et 4 seulement contre les époux coupables ; encore cette proportion est-elle uniquement relative à la femme infidèle. Il est à remarquer que sur trois attentats de ce genre, deux seulement sont commis par l’époux, l’autre l’est par le complice.