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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 8.djvu/288

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et n’avoir jamais manié d’autres instrumens que la lance et l’épée. Ses maîtres voulurent savoir sur-le-champ à quoi s’en tenir sur cette nouvelle déclaration, ils le mirent à l’épreuve, et l’ayant trouvé merveilleusement expert dans tous les genres d’exercices guerriers, ils l’admirent dans leur milice. Il alla plusieurs fois en guerre avec eux, et se conduisit toujours avec tant de bravoure, que l’on finit par lui conférer un commandement.

Cependant une guerre vint à éclater entre ces Africains de Turlande, dont Raimond était le prisonnier, et d’autres Africains auxquels l’auteur donne le nom de Barbarins. Ce sont, selon toute apparence, les Berbères, les indigènes de l’Afrique septentrionale, que l’auteur entend désigner par ce nom, d’où il suit implicitement que les Turlandais doivent être des Arabes. Dans cette guerre, les Barbarins ont le dessus ; ils anéantissent ou dispersent les Turlandais, et font Raimond prisonnier.

Les nouveaux maîtres du seigneur toulousain ne tardèrent pas à reconnaître son mérite et sa vaillance ; ils le traitèrent dès lors avec honneur, et le menèrent à toutes leurs guerres. Mais ce ne devaient point être là les dernières aventures de Raimond.

Les Berbères, qui avaient battu les Turlandais, eurent à leur tour affaire aux Arabes ou Sarrasins de Cordoue, qui les battirent et leur enlevèrent Raimond.

Chez ces nouveaux maîtres, Raimond eut encore plus d’occasions que chez les premiers de donner des preuves de sa valeur, et il y monta encore en plus haute estime. Il n’y avait point de circonstance périlleuse dans laquelle on ne comptât sur lui, et jamais on n’y compta vainement. Entre autres ennemis que les Sarrasins vainquirent par son secours, notre légendiste compte les Aglabites, chefs arabes d’une partie de l’Afrique fréquemment en hostilité avec les rois Ommiades de l’Espagne.

Mais la guerre ne tarda pas à éclater entre les Arabes de Cordoue et don Sanche de Castille, comte puissant et vaillant homme de guerre. Celui-ci fut vainqueur, et fit à son tour Raimond prisonnier. Raimond lui dit son nom, son pays, et tout ce qui lui était arrivé. Don Sanche, émerveillé et touché de ses aventures,