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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 8.djvu/271

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offres mutuelles de service, et fulminant des menaces de vengeance contre les Français, d’une manière tout-à-fait théâtrale. Le premier acte roulait presque entièrement sur la nécessite d’armer la population des campagnes, équiper convenablement les troupes régulières, et tirer des secours d’Angleterre.

« Le groupe qui parut ensuite, se composait d’un autre couple de hautes parties contractantes, pareillement fort bien ensemble. On devinera sans doute que l’une d’elles était Bonaparte ; mais qui eût imaginé, si ce n’est un singulier peuple comme les Espagnols, de le mettre sur la scène, traits pour traits, avec le vieux Satan lui-même ? Ces dignes personnages s’avancèrent sur le théâtre, qui représentait, comme de raison, les régions infernales, avec l’accompagnement obligé de flammes et de soufre. La discussion entre eux, sur le meilleur moyen de réduire la Péninsule en esclavage, occupa tout le second acte.

« Au troisième, les choses avaient changé de face, car Ferdinand et Georges III avaient eu le dessus sur les deux confédérés, et le diable ayant pris leur parti, livrait tous les secrets de Napoléon, et le laissait dans le bourbier. Par manière de justice distributive, le pauvre Napoléon était confié à la garde de son ex-associé, qui, après l’avoir foulé aux pieds, haranguait son prisonnier ainsi que l’audience, en récapitulant tous les méfaits de la politique passée du monarque abattu, afin, disait-il avec un sourire vraiment satanique, de rafraîchir sa mémoire impériale.

« Le lendemain même de cet édifiant et patriotique spectacle, arriva un courrier qui apprit que Blake, au lieu d’être vainqueur, avait été complètement taillé en pièces, après s’être battu pendant onze jours, contre soixante-dix mille Français ! Les Espagnols, comme on voit, ne sont jamais à court d’hyperboles. Le messager déclara en outre qu’il avait compté lui-même six mille Espagnols morts sur le champ de bataille, tous rangés en ordre, donnant par là à entendre que ces patriotes avaient été assez intrépides pour mourir dans leurs rangs, au lieu de rompre leurs files.»

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« Des rapports arrivèrent de toutes parts à Vigo, contenant l’heureuse nouvelle d’une longue suite de succès patriotiques. Les Français, disaient ces papiers, avaient attaqué Madrid, mais