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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 8.djvu/262

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médaille, l’avait choisi pour son secrétaire ; plusieurs audiences en haut lieu lui avaient été accordées ; enfin, c’était un concert de louanges qu’aucune critique n’osait troubler. Ce nom de Douville me frappa : était-ce l’homme que j’avais connu cinq ans auparavant à Buenos ; Ayres et au Brésil ? Je fis part de mes soupçons à plusieurs personnes bien connues qui avaient vu M. Douville, et le leur dépeignis sans avoir encore vérifié l’identité. Le portrait que je fis de sa personne se trouva juste, et ce fut une question décidée pour moi. Cependant j’hésitais encore à donner suite à cette affaire, lorsque le Constitutionnel du 16 septembre dernier publia sur M. Douville un article biographique rempli de détails si extraordinaires, pour ne rien dire de plus, que, pour faire cesser une mystification parvenue à un tel degré d’impudeur d’une part, et de crédulité de l’autre, je résolus d’élever la voix. Je vis M. Douville, et, au premier coup d’œil, il me fut impossible de le méconnaître : les années ne l’ont pas changé ; le soleil de l’Afrique n’a pas ajouté une teinte de plus à ce front pâle, et lorsque je lui appris que j’étais à Rio-Janeiro à la même époque que lui, ses yeux se troublèrent comme s’il eût vu le glaive de l’opinion publique suspendu sur sa tête. Si mon témoignage ne suffit pas pour constater cette identité, il existe actuellement à Paris plusieurs personnes qui ont connu M. Douville à Buenos-Ayres ; je m’engage à les produire.

Que dirai-je maintenant du voyage au Congo ? Déjà le Foreign quarterly Review a prouvé que les dates mentionnées dans le cours de l’ouvrage sont inconciliables entre elles. Nous allons voir que la première de toutes, celle de l’arrivée de l’auteur au Congo, n’est pas moins fausse.

« À peine reposé des fatigues de mes précédens voyages dans diverses parties du monde, je quittai Paris le 1er août 1826, et je m’embarquai au Havre le 6 du même mois, dans l’intention d’aller visiter la presqu’île orientale de l’Inde, et ensuite de pénétrer en Chine, si c’était possible." Vol. I, pag. 1.

Je ne presserai pas M. Douville sur ses précédens voyages, et je reconnais que la date de son départ du Havre est exacte ; seulement il aurait pu indiquer le nom du navire et du capitaine comme je l’ai fait : cela ne nuit jamais dans ces sortes de matières.