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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 6.djvu/719

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N‘y en a-t-il pas assez ailleurs et de tous côtés ? Faut-il donc absolument en mettre partout. Quant à M. Guizot, c’est un doctrinaire fort habile et fort distingué, mais un écrivain peu remarquable. Eh bien ! parmi les quarante la doctrine n’est-elle pas suffisamment représentée par son doyen M. Royer-Collard ? Trouve-t-on que ce n’est point assez d’un fauteuil à l’institut pour cette corporation, qui pouvait, à ce que l’on assure, s’asseoir tout entière et très commodément sur un canapé ? Cependant M. Guizot et M. Dupin ont chacun, on ne peut le nier, une valeur très réelle, et le choix de l’un d’eux, au défaut des hommes vraiment littéraires, serait a tous égards préférable à celui de l’auteur d’Islaor et d’Alonzo. Mais il faut se résigner et en prendre son parti. Nous aurons beau faire, nous n’éviterons pas M. de Salvandy.

Au milieu de tous nos graves débats, les petites jalousies littéraires vont toujours leur train. Nous allons en citer un exemple qui mérite d’être signalé.

Le Stello de M. Alfred de Vigny, fait pour la Revue des Deux Mondes, a été réimprimé à part en un beau volume, par le libraire Gosselin. Nous n’aurions point parlé de ce livre dont il ne nous est peut-être pas permis de faire l’éloge, et que nos lecteurs ont déjà pu, d’ailleurs, depuis long-temps, juger et apprécier par eux-mêmes, puisque c’est cette Revue qui l’a publié d’abord et le leur a donné dans toute sa primeur, si une critique assez amère et maladroite n’en avait été faite dans un recueil autrefois en vogue et de bon ton, mais fort déchu maintenant. Nous ne dirons cependant qu’un mot à ce sujet, et ce mot s’adresse uniquement aux rédacteurs du recueil que nous venons d’indiquer. Comment, messieurs ! parce que, malgré vos pressantes sollicitations, M. Alfred de Vigny ne s’est point soucié d’écrire chez vous et de contribuer à votre Magazine, vous attaquez son ouvrage sans ménagement et sans mesure, vous traitez aussi cavalièrement l’auteur de Cinq-Mars, quand chaque dimanche vous prodiguez l’éloge a tout ce qui tient une plume dans Paris. Oubliez-vous, messieurs, qu’en 1829, alors que vous vous efforciez d’attirer à vous Alfred de Vigny, vous le déclariez le