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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 6.djvu/654

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Petit ont fait leurs belles expériences. M. Belli a eu la bonté de nous montrer l’appareil dont il s’est servi pour ces recherches, ainsi qu’une machine électrique très ingénieuse, où le premier développement de l’électricité est opéré par le contact de deux métaux différens, et où cette électricité est augmentée indéfiniment par l’action des atmosphères électriques comme dans le condensateur de Volta. Nous espérons que M. Belli fera paraître ses importans travaux dans le Traité de physique qu’il a commencé à publier, et nous taisons des vœux pour qu’on assure à un homme aussi distingué un sort plus conforme à son mérite.

Le chanoine Bellani, ami de M. Belli, est très connu pour ses instrumens de météorologie et pour des recherches intéressantes sur divers sujets de physique. M. Bellani s’est occupé des perfectionnemens à introduire dans la construction des thermomètres : c’est lui qui a établi le premier ce fait si curieux, que l’eau entre en ébullition à des températures différentes, selon la nature des vases qui la contiennent. On lui doit aussi d’avoir appelé l’attention des physiciens sur le déplacement qui s’opère avec le temps dans le zéro des thermomètres, déplacement qui affecte toutes les observations d’une erreur constante. Nous avons vu chez M. Beilani des thermomètres dont le zéro s’était élevé d’une quantité sensible, quinze jours après leur graduation. Maintenant ce physicien s’occupe spécialement de ces verres si bien colorés, qu’on rencontre dans les endroits où il y a dégagement de gaz hydrogène sulphuré, et sur lesquels M. Bossi a publié, il y plus leurs années, une savante dissertation.

Nous ne quitterons pas ce sujet sans parler des beaux travaux du chevalier Morosi. Né aux environs de Pise, en Toscane, Morosi montra de bonne heure une grande disposition pour la mécanique pratique, et s’attira ainsi la protection du ministre Manfredini, auquel il présenta plus tard ce fameux automate, joueur d’échecs, dont on par la tant vers la fin du siècle dernier. En 1799, Morosi, craignant les excès des Aretins insurgés, se réfugia en France, où il se créa des ressources par la construction de diverses machines, et put être utile à ses compagnons d’exil. A la formation du royaume d’Italie, Morosi