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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 6.djvu/610

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la côte septentrionale de l’Amérique, et gagner de là le Kamlschatka par le détroit de Behring. Toutefois, depuis son arrivée dans l’entrée du Prince-Régent, on n’a point reçu de ses nouvelles ; et l’on a acquis la certitude qu’il a échoué dans sa hasardeuse entreprise. L’on craint qu’il n’ait manqué des ressources nécessaires pour passer trois hivers dans ces régions glaciales, et qu’il n’ait fini par succomber avec ses braves compagnons de voyage. Ross espérait, à l’aide d’un bateau à vapeur, parvenir plus facilement et en moins de temps à vaincre les difficultés de ces mers, et comme il a été évidemment déçu dans son espoir, l’on présume, ou qu’il est enfermé par les glaces, ou qu’il a été jeté sur quelque côte inhospitalière de la mer Arctique.

Le gouvernement d’Angleterre avait d’abord eu l’idée d’envoyer un ou deux navires à la recherche de cette expédition, mais il paraît avoir depuis renoncé à ce projet. Les journaux anglais invitent les capitaines des bâtimens baleiniers qui se rendent à la pêche sur la côte nord-est de l’Amérique à faire tous leurs efforts pour découvrir quelque trace de ces aventureux explorateurs, et à leur porter secours. Nous ne pouvons qu’adresser la même recommandation à ceux de nos compatriotes qui fréquentent ces parages.

— Le tableau suivant, présenté au parlement d’Angleterre, en 1832, indique le nombre d’individus qui ont émigré de la Grande-Bretagne et de l’Irlande, à l’Amérique du Nord, pendant les quatre dernières années.


En 1828, aux Etats-Unis 12,817.
Idem aux colonies anglaises de l’Amérique septentrionale 12,081.
En 1829, aux Etats-Unis 15,678.
Idem, aux colonies anglaises de l’Amérique septentrionale 13,307.
En 1830, aux Etats-Unis 24,887.
Idem, aux colonies anglaises de l’Amérique septentrionale 30,574.
En 1831, depuis le 1er janv. jusqu’au 5 juill. aux Etats Unis 15,724.
aux colonies anglaises de l’Amérique septentrionale. 39,383
Totaux. 95,345 69,106.

— Suivant les dernières nouvelles de Buenos-Ayres, un bâtiment allait mettre à la voile de cette capitale avec un chargement pour un port du Paraguay, appelé Nembucée. Aussitôt qu’un vaisseau y arrive, le premier soin du capitaine, doit être d’en informer le dictateur, et de lui adresser l’état des marchandises qu’il a à bord, pour qu’il choisisse les articles qui lui conviennent. Il devra néanmoins se bien garder d’en fixer le prix, car pareille incivilité pourrait lui coûter cher. Le docteur Francia lui envoie en retour de la matta, du tabac et des peaux écrues, qu’on est obligé d’embarquer sur-le-champ. En général, le dictateur se montre très libéral dans ses échanges.