Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 6.djvu/600

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



COLLEGE DE FRANCE.




PAR M. LETRONNE.




PREMIERES LEÇONS.



En paraissant pour la première fois dans la chaire que M. Daunou avait occupée avec tant de distinction les années précédentes, M. Letronne a commencé, comme on devait s’y attendre, par payer un juste tribut d’éloges au beau talent et au noble caractère de son prédécesseur. Après avoir ensuite réclamé pour lui-même une indulgence dont ses auditeurs savaient d’avance qu’il n’aurait nullement besoin, le professeur a cherché à déterminer d’une manière générale, ce que devait être un cours d’histoire au Collège de France. Pour cela, il s’est demandé quel était le but spécial de cette institution, et si elle n’avait pas de caractères qui la distinguassent des autres établissemens scientifiques de la capitale.

Si l’on n’avait égard qu’aux titres des chaires, ou pourrait, en retrouvant les mêmes à-peu-près sur le tableau du Collège de France et sur celui des facultés de Paris, s’imaginer qu’il y a double emploi, et c’est en effet ce qu’on entend dire quelquefois à ces hommes qui, sans avoir rien examiné à fond, ont sur chaque chose un jugement arrêté. Rien n’est plus faux cependant que de se représenter une de ces institutions comme la répétition de l’autre ; car, bien que leur degré d’importance soit à-peu-près égal, leur mission est toute différente. Celle des Facultés est de compléter l’instruction universitaire, soit en reproduisant sous une forme plus générale et plus élevée, pour les jeunes gens arrivés à l’âge d’homme, le cercle des études qui les ont déjà occupés, soit à leur donner une instruction nouvelle dans des branches spéciales, afin de les préparera entrer dans les professions littéraires ou savantes de l’enseignement, du droit, de la médecine ou des services publics. Mais chez une nation éclairée, et surtout dans une ville telle que Paris, où