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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 6.djvu/598

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prête bien l’oreille, au milieu de cette harmonie vague et confuse, à travers le bourdonnement de cette guitare, on entend des cris de détresse dont on se sent profondément ému. Oh ! c’est un devoir, il faut tenir compte à cette pauvre jeune fille de ce qu’il y a là vraiment de soupirs et de poésie de cœur.

La poésie de cœur, c’est la vraie ! c’est la sainte ! c’est la poésie de la poésie. Ne laissons pas se perdre et s’évaporer une seule goutte de cette rosée du ciel ! Partout où elle peut tomber sachons la recueillir ! Il nous a été donné de rencontrer, il y a peu de jours, un de ces inappréciables diamans. C’est une larme maternelle enchâssée sur un tombeau. Ce sont des vers anglais adressés à la mémoire d’un jeune homme dont nous taisons le nom, et que nous avons lus gravés sur un petit cénotaphe d’albâtre. Voici d’abord les vers. Nous essayerons de les traduire, en terminant.

As the soft tints that on night’s visage play
Bring sweet remembrance of the dyng day ;
As odours ling’ring o’er a perish’d flow’r
With dreamy fragrance charm the widow’d bow’r ; —
So do thy virtues mellow sorrow’s gloom,
And shed delicious sweets about thy tomb !
Lov’d shade for earth too good, to heav’n too dear
it look thy soul, but but left beauties here !

O sweet content that knew not to repine
But kiss’d the hand that robb’d the carthly shrine !
O filial worth that evr’y groan reprov’d,
Lest grief should dim the eye that watch’d and lov’d !
Live here, on this frail monument impress’d
More deeply sculptur’d in te mothers‘ breast !
She tears this remnant from reluctant fate.-
‘Tis hers to build ; — tis thine to consecrate.

« Ainsi que ces teintes adoucies qui jouent sur le pâle visage de la nuit, apportent un doux souvenir du jour mourant. Ainsi que la faible odeur qu’exhale une fleur fanée, embaume et charme