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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 6.djvu/492

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député devient ministre, et vraiment il le mérite, il entendra, j’imagine, raillerie, et cela ne lui nuira pas.

D’importantes nouvelles nous sont aussi venues du dehors durant cette quinzaine.

Enfin les ratifications retardataires sont arrivées. Nous les tenons toutes maintenant. La collection des protocoles de la conférence se trouve au grand complet. Espérons aussi que ce ne sera point à la veille d’une guerre générale qu’auront été obtenues ces garanties définitives de la paix.

Toutefois, il ne faut point se le dissimuler, l’ajournement du bill de réforme en Angleterre et la dissolution du ministère Grey coïncidant avec la retraite de M. Périer, voilà des évènemens dont les résultats sont incalculables, et qui remettent, au moins dès à présent, en question les destinées de toute l’Europe.

Ne terminons pas cette revue sommaire des nouvelles étrangères, sans y enregistrer l’abolition du supplice de la Horca dans les États de Ferdinand VII. Ce prince vient de leur concéder cette faveur à l’occasion de l’anniversaire de la naissance de la reine son épouse. Ainsi donc tous les Espagnols deviennent désormais égaux devant la peine de mort. Ainsi donc, encore un privilège perdu pour la noblesse. À elle seule, au-delà des Pyrénées, avaient appartenu jusqu’ici les honneurs du garrot. Maintenant un homme sans naissance, un simple vilain jouira du droit d’être étranglé comme un grand d’Espagne de première classe.

JACQUES LEROND.


Histoire de la régence, par Lemontey [1]. — Lemontey appartenait au dix-huitième siècle par le caractère satirique et mordant de son esprit, par ses fines et ingénieuses épigrammes, par son habileté à saisir en toute chose et en toute personne le côté ridicule, trop indulgent cependant pour emporter sa colère jusqu’à la satire amère de Juvénal ou de Gilbert, trop paisible et trop amoureux des détails, pour s’élever jusqu’à la comédie d’Aristophane ou de Beaumarchais. Sa conversation et ses écrits réfléchissaient merveilleusement le seul coté de Voltaire qui doive durer, une sorte de philosophie

  1. Chez Paulin, place de la Bourse.