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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 6.djvu/446

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en étaient furieuses, et appelaient les hommes des lâches qui n’avaient pas plus de cœur que des puces.

Les Têtes-plates sont des hommes robustes et sujets à peu de maladies. Ils guérissent les fractures ordinaires au moyen de bandages très serrés et de morceaux de bois placés en long et fixés avec des lanières de cuir autour de la partie lésée. Pour les contusions, ils ont recours à la saignée, qu’ils pratiquent aux tempes, aux bras ou aux chevilles avec des morceaux de pierres aiguës ou des pointes de flèches ; ils préféraient cependant être saignés avec la lancette, et souvent les malades venaient prier les négocians de leur faire cette opération.

Ces Tètes-plates ont un singulier moyen de guérir les rhumatismes.

« Le froid était très vif, dit M. Cox, et je souffrais d’un rhumatisme aigu dans les épaules et les genoux. Un vieil Indien me proposa d’employer un remède qui lui avait réussi sur plusieurs jeunes guerriers de la tribu. Je lui demandai quel était ce remède. Il me répondit qu’il consistait simplement à se lever de très bonne heure tous les matins pendant quelques semaines, de se plonger dans la rivière, et qu’il se chargeait du reste. Cette proposition me fit frissonner, car la rivière était prise, et il fallait faire une ouverture dans la glace pour me plonger dans l’eau. Je demandai à mon Indien si l’effet ne serait pas le même en faisant apporter l’eau dans ma chambre à coucher ; mais il secoua la tête, et me dit qu’il était surpris qu’un jeune chef blanc, qui devait être sage, pût faire de si singulières questions. Quoique je crusse peu à son efficacité, je commençai le remède dès le lendemain. L’Indien fit d’abord dans la glace un trou assez grand pour nous contenir tous les deux. Je m’avançai, enveloppé dans une grande peau de bison et me débarrassant de ma couverture, nous sautâmes tous deux ensemble dans la rivière. Il se mit aussitôt à me frotter les épaules, le dos et les jointures. Mes cheveux ne tardèrent pas à se couvrir de glaçons, et pendant que les parties basses étaient soumises au frottement, ma figure, mon cou et mes épaules étaient enveloppés d’une couche de glace. En sortant de l’eau, je roulai une couverture