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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 6.djvu/234

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VOYAGE

DES FRÈRES LANDER

AUX BOUCHES DU NIGER OU KOUÂRÂ.




Il est des noms géographiques qui font fortune et grand bruit, qui acquièrent une sorte de vulgarité. Depuis un demi-siècle que l’Afrique intérieure est devenue un théâtre spécial d’explorations et de découvertes, les noms de Ten-Boktoue et de Niger ont eu le privilège d’exciter un prodigieux intérêt, tous deux réunis par une mutuelle corrélation qui faisait de l’un un moyen dès que l’autre était un but.

Maintenant qu’un Français est revenu parmi nous après avoir vu cette Ten-Boktoue tant vantée, et qu’il nous en a dit naïvement la mince importance et la médiocre étendue, la vogue de Ten-Boktoue s’est évanouie au milieu du désappointement des adeptes, auxquels les pompeux mensonges des voyageurs arabes avaient donné l’idée d’une ville immense et prépondérante, entrepôt central d’un grand et riche commerce.

Mais il reste du moins la question du Niger, question vaste et complexe, où s’offrent tour-à-tour à résoudre de nombreux problèmes relatifs à sa source, à la direction générale et aux diverses parties de son cours, enfin à son embouchure.

Long-temps on disputa sur la direction du courant ; à en croire les Arabes, ou naviguait d’orient en occident en s’abandonnant au fil de l’eau ; d’autres informations représentaient au contraire le fleuve comme coulant d’occident en orient ; et lorsque le major Houghton et surtout le célèbre Mungo-Park eurent fait connaître d’une manière plus précise que le Djaly-Bâ ou la grande rivière (nom du Niger chez les peuples mandings) s’écoulait en effet d’ouest ou