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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 6.djvu/233

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Et le soleil d’avril, et l’éclat pur du jour
Qui ravit l’âme au ciel et fait rêver d’amour.
De l’air ! Vies chants ! des fleurs ! des parfums d’herbes vertes !
Du soleil qui se joue aux fenêtres ouvertes !
Plus de salons dorés ! plus de bals ! plus d’hivers !
A nous le ciel ! — Enfans, à nous tout l’univers !
Et joyeux, respirant de toute leur haleine,
Ils s’étaient répandus à travers bois et plaine,
Et foulant de leurs pieds les nouvelles moissons,
Ils jetaient aux échos leurs vers et leurs chansons ;

— Tandis que dans Paris, court, serpente et s’allonge
L’horrible épidémie avec son feu qui ronge,
Son écume à la bouche et son venin caché,
Refoulant vers le cœur tout le sang desséché ;
Tandis qu’un vent de pesté épandu dans l’espace
Pousse jusqu’en nos murs le corbeau qui croasse,
Et que la mort se dresse en longs habits de deuil,
Et nous crie, emportant par la ville un cercueil :

LA JUSTICE DE DIEU QUI PASSE.

Avril 1832.


AMÉDÉE GRATIOT.