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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 4.djvu/84

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UNE NOUVELLE SCÈNE
DE LA VIE PRIVÉE.


LE RENDEZ-VOUS.

(suite et fin[1].)

III LA MÈRE.

Il se rencontre beaucoup d’hommes dont la nullité profonde est un secret pour la plupart des gens qui les connaissent. Leur rang, une haute naissance, d’importantes fonctions s’ils en exercent, un certain vernis de politesse, une grande réserve dans leur conduite, ou les prestiges de la fortune, sont, pour eux, comme des gardes qui empêchent les critiques de pénétrer jusqu’à leur intime existence. Ils ressemblent aux rois, dont la véritable taille, le caractère et les mœurs ne peuvent jamais être bien connus ou appréciés, parce qu’ils sont vus de trop loin ou de trop près. Ces personnages à mérite factice interrogent au lieu de parler, ont l’art de mettre les autres en scène pour éviter de poser devant eux ; par une heureuse adresse, ils tirent le fil de toutes vos pas-

  1. Voyez les dernières livraisons de septembre