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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 4.djvu/597

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Yaoori est un grand royaume très-florissant. Il est borné à l’orient par Haussa, à l’occident par Borgoo, au nord par Cubbie, et au sud par le royaume de Nouflie.

La couronne est héréditaire, et le gouvernement absolu. Le dernier sultan lut déposé par ses sujets pour ses violences et sa mauvaise conduite, et le souverain actuel règne depuis trente-neuf ans. Il a de grandes forces militaires, qui, dit-on, ont repoussé avec succès les continuelles attaques des Felatahs. Elles sont maintenant occupées au loin à comprimer une révolte occasionnée en partie par des taxes exorbitantes, et par les rigueurs exercées pour contraindre les populations à les payer. La ville d’Yaoori est grande et bien peuplée, entourée d’un mur d’argile assez haut, et peut avoir vingt milles de tour. Elle a huit grandes portes, fortifiées à la manière du pays. Les habitans font une espèce de mauvaise poudre, la seule qu’on trouve dans cette partie de l’Afrique, des selles assez propres, et un certain genre d’étoffe. Ils cultivent l’indigo, le tabac, les oignons, le froment, les autres espèces de blés, et du riz excellent ; ils élèvent des chevaux, des bœufs, des moutons et des chèvres ; ce qui ne les empêche pas d’être pauvres, et assez misérablement vêtus, et de se plaindre continuellement du malheur des temps.

Après Boossa et Nylle ou Nouflie, le fleuve se rétrécit en face de Layaha, et devient plus profond.

« Quand nous eûmes dépassé Layaba, nous descendîmes rapidement le fleuve jusqu’à une distance de 13 ou 14 milles ; son cours devenait plus majestueux, et n’était plus entravé par des îles ou des rochers. Sa largeur variait d’un à trois milles ; le pays était plat de chaque côté, et quelques misérables villages étaient clairsemés sur ses rives. Au-dessus de Bajebo, le courant est divisé par une île. Nous y étions le 5 octobre, et c’est là, pour la première fois, que nous avons rencontré de grands canots avec une hutte au milieu, pour les marchands et leur famille. L’ile de Madgie, où il fallut nous arrêter pour attendre des rameurs, est plantée de quelques arbres et d’arbustes rabougris ; la sève leur manque