Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 4.djvu/588

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Depuis que la relation du docteur Goodenough a été publiée, la Société de géographie a reçu des cartes et un mémoire fort intéressant du lieutenant-colonel Monteith, de la Compagnie des Indes, sur les contrées arrosées par le Phase, entre la mer Noire et la mer Caspienne. L’expédition des Argonautes, dont l’exploration de ce pays était le but, est une preuve de l’importance qu’il avait dans les temps reculés de l’histoire grecque ; et à travers le voile des fictions mythologiques, les intérêts commerciaux qui la firent entreprendre sont faciles à saisir.

Des bords de la mer Noire, le lieutenant Washington, de la marine royale, nous appelle au pied du mont Atlas, où nous retrouverions encore, s’il le fallait, des traditions grecques à exploiter, et de tristes comparaisons à faire. M. Washington accompagnait à Maroc le consul anglais chargé d’une mission diplomatique. Muni de fort bons instrumens, cet habile officier recueillit et enregistra une foule d’observations intéressantes ; on trouvera dans son itinéraire le détail exact des latitudes et des longitudes journellement observées, et la description du pays, de ses productions et de ses arts ; il est accompagné d’une fort belle carte, où se trouve le plan de la ville de Maroc, et une section du pays, prise de Meltsih (le plus haut pic de l’Atlas visible de Maroc, et dont l’élévation est estimée de onze mille quatre cents pieds), jusqu’à la côte de l’Atlantique. Cette carte a été dressée avec le plus grand soin, d’après une centaine de positions successivement observées, et rapportées tous les soirs sur le papier, pendant que M. Washington suivait la côte de l’Atlantique, du cap Spartel au cap Blanc, sur une étendue de deux cent cinquante milles anglais. Laissons parler l’auteur lui-même :

« En sortant d’un étroit défilé, la cité impériale avec ses monumens, ses mosquées, ses minarets, sa tour élevée, nous apparut au milieu d’une grande plaine, avec sa ceinture de palmiers, et derrière elles les neiges éternelles de l’Atlas, qui se détachent sur l’azur du ciel à une hauteur