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est dangereux d’y passer, parce qu’ils ont en quelque sorte miné le terrain, quelquefois jusqu’à une demi-lieue dans l’intérieur, en creusant une quantité de caves profondes. Dans certains parages, les cochons les mangent ; cependant on prétend que c’est une nourriture dangereuse. Ils sont d’un rouge-clair, quelques-uns avec de grandes taches, et il y en a de sept pouces de diamètre, sans compter les pattes.

Il n’y a qu’un reproche à faire au pays de San-Marco, c’est de manquer d’eau : l’œil a soif dans ces beaux paysages, où l’on ne trouve que rarement de petits ruisseaux ; mais les arbres y sont immenses, les fleurs y abondent ; des haies de citronniers et de roses bordent les chemins, et y enclosent de véritables jardins anglais. La vue qui me charma le plus dans mes courses fut celle de la baie de Mariel du haut du Monte Vigia. Dans le fond, on apercevait de belles montagnes, des forêts, plusieurs îles bien boisées, et le soleil couchant dorait le sommet des palmiers, dont les tiges étaient déjà noyées dans les ombres. Mariel est un port excellent, un petit village, où de nombreux bâtimens viennent prendre le sucre et le café pour les porter à la Havane, moyen de transport plus économique que celui de terre.

Le marquis Ramos avait à San-Salvador d’aimables voisines, chez lesquelles il voulut bien me conduire, et où je passai quelque temps. Ce caféier est situé dans las lomas, ou les montagnes, à vingt-quatre lieues environ de la Havane. Il est dans un entonnoir, et à sept cents pieds au-dessus du niveau de la mer. Là, je trouvai réunie la famille charmante de madame Jouve, dont les quatre filles, aussi jolies qu’aimables et gracieuses, parlaient également bien le français, l’espagnol et l’anglais. Je me rappellerai toujours avec plaisir les momens