Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 4.djvu/464

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


nombre d’arbres à fruits, des mangos, des caimites, des sapotilles, des corossoles, des cocotiers, des avocats, etc. : tel est le district de San Marco, toujours vert, toujours fleuri.

A neuf beures, nous étions arrêtés, indécis, à un carrefour où aboutissaient quatre de ces magnifiques colonnades de palmiers, ne sachant de quel côté tourner, quand un nègre qui travaillait dans les environs nous indiqua notre chemin. Deux minutes après, nous étant secoués de notre mieux, car nous étions rouges de poussière de la tête aux pieds, les voitures s’arrêtèrent à la porte d’une maison perdue dans les fleurs, à un rez-de-chaussée seulement, avec de hautes fenêtres, des persiennes bien vertes, et entourée de galeries.

Je reçus l’hospitalité la plus aimable à l’Esperanza ; et dans un pays aussi enchanteur, avec une société aussi agréable que celles de Josefita et Assuncion R.., et plusieurs de leurs amies qui venaient les voir, ce séjour ne me laissait rien à désirer. Dans nos promenades, nous jouissions des délicieuses soirées qui n’ont été faites que pour ces latitudes, où les astres sont si brillans, si différens de ce qu’on voit par nos quarante-neuf degrés. Quel séjour que celui de la campagne dans ce beau pays ! En se levant le matin, on ne s’inquiète pas du temps, on ne demande pas : Quel temps fait-il ! On est sûr, en ouvrant sa persienne, de voir un beau ciel bleu, et de se sentir caresser par un air frais et délicieux à respirer. A huit heures du soir, une nombreuse société était réunie dans le salon à nous attendre, on dansait jusqu’au souper, à onze heures, où on passait dans la salle à manger. Aucun caféier des environs n’est plus beau que celui de l’Esperanza. Il avait, lors de ma visite, cent cinquante chevaux dont la seule occupation était de