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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 4.djvu/459

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grâce des femmes charmantes, mises dans la dernière élégance, avec des diamans et des perles en profusion.

Le 22 et le 23 furent également des jours de fêtes ; l’intendant donna un concert, qui fut suivi d’un l’eu d’artifice très-bien exécuté par un Français. Il y eut toujours foule au Paseo, et à six heures l’Alameda était remplie de promeneurs qui venaient respirer la brise du soir, et admirer l’illumination du vaisseau amiral le Soberano. Notre consul, qui (soit dit en passant) représente autrement bien que M. le marquis de Fougères, consul de France à Charleston, qui vend ses oranges de Saint-Augustin habit bas au marché, eut la bonté de m’accompagner chez l’intendant, et de là au second bal masqué de la Société philharmonique. Mais le lendemain, tout fut fini : plus de société, plus de réunions à espérer, car il n’y a jamais à la Havane ni soirées, ni bals, ni dîners ; ce n’est que dans les grandes occasions qu’on se réunit.

Parmi les belles maisons de la Havane, on remarque celle du comte de Fernandina, qu’il a payée 1,500,000 francs. Il y en a sept ou huit dans la ville qui ont conté cette somme. On ne peut se figurer le luxe déployé par les nobles habitans de ces palais. Je dînai un jour chez le comte ; tout y était magnifique. On dîne généralement à trois heures, mais la mode veut qu’on arrive une demi-heure et même une heure avant. Cette heure se passe à jouer aux cartes. Un dîner havanais ne diffère pas d’un dîner de Paris ; seulement on se leva de table pour laisser placer le dessert, et on passa au salon. Un quart d’heure après on vint avertir qu’on était servi de nouveau, et chacun reprit sa place. La table était chargée de fleurs, de fruits, de glaces et de gâteaux en profusion.

L’amiral Laborde tint sa promesse, et m’invita à