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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 4.djvu/453

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la promenade, on se sert ordinairement de quitrines, qui diffèrent de la volante en ce qu’elles ont un soufflet qui se baisse comme celui d’un cabriolet. C’est le meuble le plus soigné dans les maisons : la première chose qu’on aperçoit sous la porte en entrant, est la volante ; souvent elle est dans l’antichambre ou dans le salon même. Un jour, étant à dîner chez M. Stouder, on fit passer le cheval par la salle à mander, pour l’atteler dans le salon.

Les femmes vont habillées au Paseo aussi élégamment qu’elles iraient au bal. Les dimanches et les jours de fête, il y a de la musique militaire placée à certains intervalles, et un piquet de lanciers maintient l’ordre parmi les voitures. Les volantes de louage n’y sont pas admises. On revient ordinairement de cette promenade à la Plaza de armas, où la musique militaire joue plusieurs fois par semaine, et la journée se termine à l’Opéra. J’y fus un soir ; je pris une luneta, et me trouvai au parterre, qui est tout divisé en lunetas, ou stalles. La salle est assez grande, et peut contenir dix-huit cents personnes ; elle a cinq rangs de loges, qui presque toutes sont louées à l’année. Tout était plein, et garni de dames richement parées. Les beaux yeux et les jolies figures n’y manquaient pas ; quant au teint de ces dames, il ne faut pas être difficile : il y en a qui sont presque jaunes, mais charmantes cependant. On donnait un opéra de Garcia, l’Amante astuto, qui ne fut pas mal exécuté. L’orchestre est bon, et la prima donna, la Santa-Marta, chante très-bien. Du reste, tout le monde est musicien à la Havane, et en passant dans la rue, on n’entend que guitares, pianos, et musique de Rossini.

C’est sur la Plaza de armas que se trouvent le