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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 4.djvu/426

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RÉVOLUTIONS DE LA QUINZAINE.

Paris, 14 novembre.


J’ignore, en vérité, comment feront les historiens à venir pour faire entrer dans les formes élégantes de l’histoire tous les faits, tous les noms, toutes les sottises, toutes les folies qui s’amoncèlent parmi nous, et qui tombent sans choix, sans méthode, sans goût, au hasard. Ainsi, à qui voudrait écrire d’une manière convenable l’histoire de l’Europe, seulement pendant les quinze premiers jours du mois de novembre, il faudrait autant de soin et de travail que pour mettre au jour les six premières Décades de Tite-Live. Heureusement ce ne sont pas là nos promesses. Nous n’avons jamais voulu écrire l’histoire, nous avons seulement promis quelques notes très-consciencieuses et très-exactes, écrites au jour le jour, et dont on fera ce qu’on pourra. Seulement nous plaignons les historiens par métier.

Commençons par l’étranger, comme les grands journaux commencent, donnant à l’étranger et à la province le petit-texte, et gardant pour Paris le cicéro gros-œil. L’Angleterre, depuis le rejet du bill de lord Grey, a été vivement agitée. Le peuple, si méprisé à la chambre des lords, et dont on traitait les vœux de chimères, s’est révolté à Bristol. Il a crié, il a hurlé, il s’est arraché les cheveux ; il a porté la main sur les édifices publics, il les a démolis, il les a brûlés ; il a ouvert les prisons, et la foule des malfaiteurs qu’attendaient les assises, s’est répandue çà et là, bénissant le bill. Lord Wetherell, un des opposans au bill, a été promené au