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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 4.djvu/425

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pars content de mes concitoyens et de mes frères d’armes, et je vous livre au jugement de votre conscience. L’histoire prononcera entre vos actions et les miennes. »

Petrombei fut arrêté à Apocoula, conduit à Nauplie, et jeté en prison sans accusation préalable, sans aucune forme de procédure. Le président lui promit de le mettre en liberté, s’il consentait à lui demander pardon par écrit. Petrombei repoussa cette proposition en protestant de son innocence. Malgré l’opposition courageuse de M. Colletis, Manguina et R. Palamidès, une commission de trois juges est nommée. Dans ce nombre est Viaros Capo-d’Istria, frère de l’accusateur ! On n’avait vu un tel scandale que dans les temps de l’odieux despotisme de l’administration vénitienne : la Grèce pouvait-elle croire, en brisant ses fers, que l’homme qu’elle appelait à consolider sa révolution le renouvellerait avec non moins d’audace que d’iniquité? Il n’est pas hors de propos de remarquer ici que Constantin Mavromichalis s’évada de sa prison, et fut arrêté de nouveau en tombant dans un piège qui dénotait dans son auteur le manque le plus complet de moralité.

La nation tout entière attendait avec anxiété le jugement qui devait terminer cette déplorable affaire ; mais le comte Capo-d’Istria, n’osant affronter jusqu’au bout l’opinion publique, traînait en longueur, et laissait languir dans la prison le brave et vertueux Petrombei. Viaros Capo-d’Istria, président de la commission des trois juges, fut obligé de quitter la Grèce, chargé de ses malédictions. Enfin, la dernière catastrophe vint interrompre le cours des iniquités et des vengeances du gouvernement du comte Capo-d’Istria envers cette famille altière et malheureuse, qui résume en elle une grande partie de notre gloire nationale et de nos infortunes.


PERICLES ARGYROPULOS.