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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 4.djvu/215

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Père aveugle et barbare ! impitoyable mère !
Pauvres, vous fallait-il mettre au jour un enfant
Qui n’héritât de vous qu’une affreuse indigence !
Encore si vous m’eussiez laissé votre ignorance !
J’aurais vécu paisible en cultivant mon champ
Mais vous avez nourri les feux de mon génie.


— Voilà des vers raisonnables, dit le docteur.

— Mauvaises rimes, dit l’autre par habitude.

— Je veux dire qu’il avait raison de se plaindre de savoir lire, parce que du jour où il sut lire, il fut poète, et dès lors il appartint à la race toujours maudite par les puissances de la terre... Quant à moi, comme j’avais l’honneur de vous le dire, je pris mon chapeau, et j’allais sortir lorsque je trouvai à la porte les propriétaires du grabat, qui gémissaient sur la perte d’une clef... Je savais où elle était.

— Ah ! quel mal vous me faites, impitoyable ! n’achevez pas, dit Stello, je sais cette histoire.

— Comme il vous plaira, dit le docteur avec modestie, je ne tiens pas aux descriptions chirurgicales, et ce n’est pas en elles que je puiserai les germes de votre guérison. Je vous dirai donc simplement que je rentrai chez ce pauvre petit Gilbert ; je l’ouvris. Je pris la clef dans l’œsophage, et je la rendis aux propriétaires.

(La suite à une prochaine livraison. )