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tabac attaché aux dentelles de ses manchettes, qu’il y a des animaux qui.... Allons, madame, dites-le vous-même.

Mademoiselle de Coulanges s’était blottie comme une chatte sur son sopha, et cachait son front sous l’un de ces petits rabats de soie que l’on posait alors sur le dossier des meubles pour le préserver de la poudre des cheveux. Elle regardait à la dérobée comme un enfant qui a volé une dragée, et qui est bien aise qu’on le sache. Elle était jolie comme tous les amours de Boucher et toutes les têtes de Greuze.

— Ah ! sire, dit-elle tout doucement, vous parlez si bien !...

— Mais, madame, en vérité, je ne puis pas dire vos idées en médecine...

— Ah ! sire, vous parlez si bien de tout....

— Mais, docteur, aidez-la donc à se confesser, vous voyez bien qu’elle ne s’en tirera jamais.

A dire vrai, j’étais assez embarrassé moi-même, car je ne savais pas ce qu’il voulait dire, et je ne l’ai appris que depuis, en 90.

— Eh bien ! mais ! comment donc ! dis-je, en m’approchant de la petite bien-aimée ; eh bien ! mais ! qu’est-ce que c’est donc que ça, madame ? Eh bien, donc ! qu’est-ce qui nous est arrivé, mademoiselle ? Nous avons des petites peurs ! des petites fantaisies, madame ?... Fantaisies de femme ! — Eh ! eh ! de jeune femme, sire !... Nous connaissons ça !.. — Eh ! bien, donc ! qu’est-ce que c’est donc ça ?... Comment donc ça se nomme-t-il ces animaux ? Allons, madame !... Eh ! bien , donc ? est-ce que nous voulons nous trouver mal ?...

Enfin, tout ce qu’on dit d’agréable et d’aimable aux jeunes femmes.

Tout d’un coup mademoiselle de Coulanges regarda le roi et moi, je regardai le roi et elle, le roi regarda sa maîtresse et moi, et nous partîmes ensemble du plus long éclat de rire que j’aie entendu de mes jours. Mais c’est qu’elle étouffait