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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 4.djvu/180

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ici les paroles de l’auteur judicieux, qui termine ainsi son ouvrage

« Quant à nous, nous dirions, avec la plus triste conviction, que tout tend au pire dans ce royaume, si toutefois il est une situation plus malheureuse que celle où il se trouve placé sans être sous la loi d’un vainqueur ; que ce n’est même plus un royaume que cette triste contrée, mais une étable, une étable d’Augias, et que malheureusement Ferdinand n’est pas un Hercule. »

Certes, une main si débile n’épurera pas les étables d’Augias. Chez d’autres nations on a vu, du sein de convulsions politiques ou religieuses, surgir des hommes capables de diriger en la dominant l’énergie qu’elles avaient développée ; mais la triste expérience que l’Espagne a faite est une exception à la règle commune. Pendant sa lutte sanglante avec la France impériale, guerre qui pour elle était, dans toute la force du mot, une guerre populaire, elle n’a pas produit un général qui fût seulement médiocre, un homme d’Etat qui pût se défendre du mépris, un seul individu qui, sortant de la sphère ordinaire, pût imprimer une tendance progressive aux destinées de son pays en maîtrisant ses conseils par l’ascendant de son génie. Trait frappant, preuve singulière de l’état désespéré où peut tomber une nation mal gouvernée. Jugez de l’intensité du mal, appréciez sa profondeur, et vous perdrez l’espoir de voir jamais ce malheureux pays se relever de ses ruines.


(Foreign quarterly Review.)