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de quelqu’autorité dans les autres pays, et encore celui de Luzuriaga est-il regardé comme une production fort médiocre. Le système de Brown est celui que les médecins espagnols suivent le plus généralement. Si nous en croyons le docteur Faure, ils prodiguent tellement les remèdes échauffans, qu’ils semblent vouloir entretenir sous ce brûlant climat l’ancienne alliance entre la mort et le médecin. Nous ajouterons que l’hôpital général de Madrid mérite d’être cité comme un modèle d’hôpital espagnol, en raison du désordre et de la saleté qui y règnent : la partie affectée aux militaires est un antre de contagion et de mort.

L’école de médecine et celle de droit ont été éloignées de Madrid. Il est vrai que les hôpitaux et les cours de justice, sources des plus précieuses instructions, sont dans la capitale ; mais qu’importe en Espagne, où la science, loin de procurer aucune distinction, est plus propre à attirer des persécutions qu’à conduire aux honneurs? Les deux écoles ont été transférées dans la petite ville d’Alcala de Henares, où il n’y a ni hôpitaux, ni tribunaux. Les étudians n’y sont qu’un vil ramas de mauvais sujets en guenilles, pieds nus, types d’insolence, d’orgueil et de misère. Cette canaille n’a pour subsister que la soupe placée à la porte des couvens, et la charité des rues. « L’aumône pour un pauvre étudiant! » Tel est leur refrain, répété avec une insolence de moine et une violence de bandit.

La mendicité, si commune en Espagne, n’a rien de honteux ; elle fut le lot de la partie prédominante du clergé. Quelle démoralisation! L’orgueil allié à la bassesse!... Au fait, l’opinion est que les étudians les plus pauvres sont les meilleurs, et les Espagnols sont juges compétens en cette matière. Mais tous les témoignages s’accordent à représenter cette jeunesse comme une horde sans honneur ni probité, souillée de tous les vices qui caractérisent leur nation dégénérée.

Les académies de Madrid sont loin de comprendre l’ensemble des connaissances humaines. Il y en a une pour la