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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 4.djvu/154

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affections varioliques sont toujours plus dangereuses pendant l’été que pendant l’hiver, principalement dans la région centrale de l’Espagne ; mais la vaccine qui est pratiquée avec succès dans toute l’étendue du royaume, tend sensiblement à en amortir la malignité. Les fièvres scarlatines y sont rares et très-peu dangereuses ; mais il y règne une maladie analogue, que les naturels appellent garrotillo, et les gens de l’art, angine gangreneuse ; elle devient parfois contagieuse, et dégénère pendant toute une saison en épidémie pestilentielle [1].

« Cette maladie est fréquente dans la Péninsule ; et, par les ouvrages qui rappellent les épidémies qui l’ont affligée à diverses époques, on voit qu’elle y est familière depuis bien des siècles, malgré la pureté et la sécheresse de l’air, et peut-être même pour cette cause. »

Une autre maladie gangreneuse assez commune à Madrid ainsi que dans plusieurs provinces, telles que l’Andalousie et la Catalogne, est la pourriture d’hôpital. Si cette affection n’est pas endémique, elle peut être considérée comme inévitable dans les hôpitaux vers la fin de l’été. A cette époque, les plaies les plus insignifiantes deviennent de dangereux ulcères. L’inflammation aiguë et chronique des poumons n’y est pas moins fréquente, dans la capitale surtout, où la crise se fait rarement attendre. La consomption pulmonaire est encore une maladie dont les germes existent constamment dans plusieurs parties de l’Espagne ; et, ce qui n’est pas moins remarquable, eu égard à la sécheresse de l’air, les fièvres intermittentes y apparaissent vers le commencement de juin, quand les chaleurs sont intenses. Les humeurs scrophuleuses sont peut-être plus communes en Espagne

  1. « Indépendamment des épidémies que lui ont values ses relations » avec l’Orient, l’Afrique et l’Amérique, et les guerres meurtrières dont elle a été si souvent le théâtre, l’Espagne a été fréquemment ravagée par de semblables fléaux, nés dans son intérieur de la sécheresse, de la famine et des intempéries des saisons. »