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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 4.djvu/152

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forces, et malheur à qui s’y fierait aux jours du danger !... »

Les autres animaux domestiques consistent en mules, ânes, bêtes à cornes ; en porcs qui y abondent, en moutons qui y paissent par milliers. Les bêtes fauves n’y manquent pas, et les ours, les renards, les sangliers sont maintenant les seuls habitans de certains districts reculés et sauvages, dont l’insouciance espagnole leur abandonne la possession.

Parmi les maladies qui affligent l’Espagne, les unes sont locales, les autres générales. Dans la première classe il faut ranger la fièvre jaune qui exerce d’effroyables ravages sur les côtes, et les affections ophtalmiques qui aboutissent fréquemment à la perte de la vue, infirmité si commune dans la région centrale de l’Espagne. Les livres de médecine et d’autres ouvrages traitent de la première de ces maladies, et comme elle est inhérente à la conformation géographique d’une région qui diffère de la nôtre, nous sommes dispensés d’entrer à cet égard dans de nouveaux développemens. Mais la cécité est le principal fléau de la région intérieure de l’Espagne, particulièrement de la capitale, et ce n’est pas seulement dans les basses classes qu’elle va chercher ses victimes : les classes moyennes comme les personnages de haut rang sont également affligés de cette déplorable infirmité. « Le nombre des aveugles, à Madrid, est si considérable, dit l’auteur d’une Année en Espagne, que j’en attribue la cause à l’action énergique du soleil combinée avec la nudité de la contrée. » Si l’on en croit Peyron, le mal provient de l’abus des saignées, dont les Espagnols font encore aujourd’hui un aussi fréquent usage qu’au temps d’un de leurs ancêtres, le docteur Sangrado. On peut le présumer, du moins, d’après le nombre des personnes uniquement occupées à tirer du sang ; la plus petite rue de la plus petite ville d’Espagne, a son barbier, et chaque barbier est chirurgien. Le docteur Faure propose toutefois une plus savante solution :

« Madrid, situé sur un plateau élevé de trois cents toises » au-dessus du niveau de la mer, est dans l’atmosphère la