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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 4.djvu/144

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jetterons, dans tous les cas, une nouvelle lumière sur l’état et l’aspect d’une contrée « dont la gloire se ternit et dont la grandeur décroît, » mais qui conserve en elle-même tous les élémens de régénération nationale.


I. — DE LA POSITION GÉOGRAPHIQUE DE L’ESPAGNE.

La Péninsule, dont les anciens ont comparé la forme à la peau tendue d’un taureau, occupe l’extrémité sud-ouest de l’Europe. L’Océan atlantique et la Méditerranée l’environnent de toutes parts, excepté du côté du nord-est, où la chaîne des Pyrénées marque les frontières de la France. Le caractère remarquable de la physionomie de cette contrée est la disposition de ses montagnes. Du pied des Pyrénées, dont la chaîne s’étend presque en ligne droite de l’est à l’ouest, s’élèvent un grand nombre de monts secondaires qui semblent envahir l’ouest et le sud, et couvrir, comme d’un magnifique réseau, toute la Péninsule. Les principaux sont les monts des Asturies et de la Galice, qui ne sont qu’une continuation des Pyrénées ; ceux du Guadarrama, que le géographe Antillon a nommés la chaîne de l’Ibérie ; la Sierra Morena et ses gorges redoutables ; les montagnes de Grenade et de Ronda, dont les pics dominent ces groupes de hauteurs qui bordent la Méditerranée, et dont les masses, selon Mariana, « pèsent sur la mer, et semblent vouloir combler l’espace qui sépare l’Europe de l’Afrique. »

Ces sinuosités montueuses divisent l’Espagne en deux portions inégales, mais distinctes, dont l’une comprend la région du centre, et l’autre celle des côtes. L’intérieur du pays lui-même peut être considéré comme une montagne immense, car ses plaines, coupées de hautes collines, forment un plateau dont l’élévation varie de huit cents à deux mille pieds au-dessus du niveau de la mer ; cette région, ainsi exhaussée sur une énorme base, surpasse en hauteur les sommités qui couronnent les côtes. « Lorsque j’entrai dans