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pour Palenque ce que les livres cophtes ont été pour ceux qui se sont occupés des hiéroglyphes égyptiens ? La vérité nous oblige à dire que le travail que nous préparons sur ces curieux monumens n’est pas encore assez complet pour nous avancer beaucoup dans le champ des conjectures, tout intéressantes qu’elles puissent être. En attendant que nous soyons en mesure d’offrir à nos lecteurs des renseignemens plus certains, nous croyons devoir retourner à des faits positifs.

Le septième volumes des Antiquités du Mexique, quoi qu’il soit encore moins connu que les autres, est certainement un des plus importans, car il renferme l’histoire universelle de la Nouvelle-Espagne, du père Bernardino de Sahagun [1]. Pour comprendre tout ce que cet ouvrage, jusqu’alors inédit, a d’intéressant, il faut se rappeler que son auteur a vécu parmi les Mexicains plus de quarante-cinq ans ; qu’il a été à même de recueillir les traditions politiques et religieuses de la nation, et que sa connaissance approfondie de la langue a pu lui faire rectifier une foule d’erreurs grossières, dans lesquelles ses devanciers étaient tombés.

Torquemada et quelques autres auteurs parlent du père Sahagun, mais il est incertain qu’ils aient connu son ouvrage ; et Nicolas Antonio, si exact habituellement, tombe dans une grave erreur à son sujet, puisqu’il pense que le religieux franciscain avait voulu surtout faire un grand dictionnaire de la langue mexicaine.

  1. Historia universal de las Casas de Nueva Espana, en doce libros i en lengua espanola ; compuesta i compilada por el M. R. P. Fr. Bernardino de Sahagun, de la orden de los Frailes Minores de la observancia.
    Ce célèbre biographe ne parlait des ouvrages de notre historien que d’après des ouï-dire. Cependant, contre l’opinion émise par le savant rédacteur du Reprtorio Americano, il a eu vaguement connaissance du grand ouvrage dont nous nous occupons : il en a donné le titre analytique, en outre, il a fait un ouvrage à part du XIIe livre, où il est question de la conquête.